Quand résonne « Hissez haut les drapeaux ! » au Vélodrome, une marée bleu et blanc envahit les tribunes. « Hissez haut les drapeaux », adaptation marseillaise du célèbre « Santiano » d'Hugues Aufray, est devenu l'un des chants les plus spectaculaires de l'Olympique de Marseille.
Chanté lors des grands moments de communion collective, ce chant marseillais OM transforme le stade en un océan de drapeaux agités à l'unisson. Mais comment une chanson de marin bretonne est-elle devenue l'hymne visuel du Vélodrome ? Découvrez l'histoire fascinante de cette adaptation qui unit 67 000 Marseillais.
« Santiano » d'Hugues Aufray : un chant de marin devenu tube
L'histoire commence en 1961 avec Hugues Aufray et son adaptation française de « Santy Anno », un chant de marins anglais du XIXe siècle. « Santiano » raconte l'histoire d'un trois-mâts partant de Saint-Malo vers San Francisco pour chercher de l'or, laissant derrière lui la fiancée Margot.
Le refrain entraînant « Hissez haut Santiano ! » devient instantanément populaire en France. Cette mélodie joyeuse et maritime, avec son rythme cadencé parfait pour scander en groupe, fera l'objet de nombreuses reprises : Laurent Voulzy, Les Marins d'Iroise, et même un groupe allemand baptisé Santiano en hommage à la chanson.
Mais personne n'aurait pu imaginer que ce chant de marin breton deviendrait, trois décennies plus tard, l'un des hymnes d'un club de football méditerranéen situé à 800 kilomètres de Saint-Malo.
L'adaptation marseillaise par le Commando Ultra '84
Dans les années 1990, le Commando Ultra '84 cherche à créer un répertoire de chants originaux pour le Vélodrome. Leur stratégie : adapter des chansons françaises populaires, issues du folklore, en y intégrant des paroles spécifiques à l'OM.
« Santiano » s'impose naturellement. Le refrain maritime « Hissez haut » devient « Hissez haut les drapeaux », transformant l'appel marin en injonction visuelle. Le chant n'est plus sur un bateau naviguant vers l'or californien, mais dans un stade où les supporters brandissent leurs couleurs.
Les paroles originales disparaissent au profit d'un texte centré sur l'unité des supporters : « Tous unis sous les mêmes couleurs, le virage reprendra en chœur ». L'adaptation est brillante car elle conserve la structure mélodique entraînante tout en créant un chant visuellement spectaculaire.
Un chant né dans un bus vers Nantes en 1993
La légende marseillaise raconte que c'est lors d'un déplacement à Nantes en 1993 que « Hissez haut les drapeaux » prend sa forme définitive. Dans le bus transportant les supporters, l'atmosphère est électrique : l'OM est en pleine épopée européenne.
Les membres du Commando Ultra '84 peaufinent les paroles, testent différentes variations. Arrivés à la Beaujoire, le chant résonne pour la première fois avec son deuxième couplet : « Tous unis sous les mêmes couleurs, le virage reprendra en chœur ».
Cette naissance en déplacement n'est pas anodine. Les chants créés loin de Marseille, dans l'excitation des voyages supporters, ont souvent une saveur particulière. Ils cristallisent l'esprit de groupe, la camaraderie des expéditions, l'aventure collective.
Munich 1993 : une mer de drapeaux bleu et blanc
Le 26 mai 1993, à Munich, « Hissez haut les drapeaux » prend toute sa dimension visuelle. Lors de la finale de Ligue des Champions contre le Milan AC, les supporters marseillais agitent des centaines de drapeaux bleu et blanc en scandant le chant.
Les images de cette marée olympienne à l'Olympiastadion font le tour du monde. Le chant n'est plus seulement auditif, il devient visuel : chaque « Hissez haut » s'accompagne d'un mouvement synchronisé de drapeaux créant des vagues dans les tribunes.
Cette victoire historique - première d'un club français en Coupe d'Europe - associe définitivement « Hissez haut les drapeaux » aux grandes épopées marseillaises. Désormais, le chant sera entonné lors de chaque match important, chaque moment de communion collective.
« Tous unis sous les mêmes couleurs »
Cette phrase centrale du chant résume parfaitement sa philosophie. Le drapeau bleu et blanc devient le symbole de l'unité : peu importe ton origine sociale, ton quartier, ton âge, quand tu brandis les couleurs de l'OM, tu fais partie de la famille.
Au Vélodrome, cette unité visuelle est frappante. Des familles entières agitent de petits drapeaux, les ultras déploient des banderoles géantes, les sections du stade se répondent dans une chorégraphie spontanée. « Tous unis » n'est pas qu'une parole, c'est une réalité vécue.
Cette dimension inclusive fait la force du chant. Contrairement à certains chants plus techniques ou provocateurs, « Hissez haut les drapeaux » peut être repris par TOUT le stade, des enfants aux grands-parents. C'est le chant de l'unité maximale.
Paroles complètes de « Hissez haut les drapeaux »
Voici les paroles du chant marseillais tel qu'il est entonné au Vélodrome :
Paroles :
Allez l'OM, allez Marseillais,
Hissez haut les drapeaux !
Tous unis sous les mêmes couleurs,
Le virage reprendra en chœur.
Allez l'OM, allez Marseillais,
Hissez haut les drapeaux !
Tous unis sous les mêmes couleurs,
Le virage chante avec ferveur.
Écouter « Hissez haut les drapeaux »
Retrouvez ci-dessous « Hissez haut les drapeaux » tel qu'il est intégré dans les magnets musicaux SoundKop, pour revivre l'ambiance du Vélodrome.
Hissez haut les drapeaux - OM
La chorégraphie des drapeaux
Ce qui rend « Hissez haut les drapeaux » unique, c'est sa dimension chorégraphique. Le chant n'existe pas sans le geste. Quand résonne « Hissez haut », des milliers de bras se lèvent simultanément, agitant les drapeaux en rythme.
Cette synchronisation crée un spectacle visuel impressionnant. Vu des gradins supérieurs ou à la télévision, le Vélodrome devient une mer ondulante de bleu et blanc. Les drapeaux créent des vagues qui traversent le stade, section par section.
Les groupes ultras coordonnent parfois des chorégraphies encore plus élaborées : des drapeaux géants sont déployés, des fumigènes bleus sont allumés, créant une ambiance digne des plus grands stades européens. « Hissez haut » devient alors un moment de spectacle total.
Le virage qui « reprend en chœur »
Les paroles « le virage reprendra en chœur » révèlent la structure antiphonique du supportérisme marseillais. Le virage Sud lance, le virage Nord répond, puis tout le stade s'unit dans le refrain.
Cette architecture sonore crée un dialogue musical à travers le stade. Le Commando Ultra '84 et les South Winners au Sud initient le chant, les Fanatics et MTP au Nord le reprennent, et les tribunes latérales joignent leurs voix pour le final.
Ce « reprendre en chœur » n'est pas qu'une image poétique, c'est la description exacte de ce qui se passe : 67 000 voix se répondent et s'unissent dans une polyphonie géante qui fait trembler le béton du Vélodrome.
Un chant de célébration
Contrairement à « Aux Armes » qui est un cri de guerre, « Hissez haut les drapeaux » est un chant de célébration. Il est souvent entonné lors des victoires, des buts, des moments de joie collective.
Quand l'OM marque un but important, le réflexe est immédiat : sortir les drapeaux et entonner « Hissez haut ». Le chant devient l'expression physique de la joie : on ne se contente pas de crier, on agite les couleurs du club en signe de triomphe.
Cette dimension festive en fait un chant particulièrement apprécié des familles. Les enfants adorent agiter leur petit drapeau au rythme du chant, créant leurs premiers souvenirs émotionnels liés à l'OM.
L'héritage de « Santiano » dans le football
L'adaptation marseillaise de « Santiano » a inspiré d'autres clubs. Plusieurs équipes françaises ont créé leurs propres versions, changeant les paroles mais conservant la mélodie entraînante d'Hugues Aufray.
Mais aucune n'a atteint l'ampleur et l'impact visuel de la version marseillaise. « Hissez haut les drapeaux » reste LA référence, celle qui a parfaitement su marier la mélodie maritime avec la culture méditerranéenne des couleurs et du spectacle.
Hugues Aufray lui-même, en découvrant cette adaptation, s'est déclaré honoré que sa chanson soit devenue partie intégrante de la culture marseillaise. De Saint-Malo à Marseille, « Santiano » a navigué pour trouver un nouveau port d'attache.
La transmission du geste
Au-delà des paroles, c'est le geste d'agiter le drapeau qui se transmet. Les parents apprennent à leurs enfants non seulement les mots, mais aussi le mouvement : quand lever le drapeau, comment le faire onduler, à quel moment atteindre le maximum d'amplitude.
Cette transmission corporelle crée une mémoire musculaire du supportérisme. Un Marseillais qui n'est pas allé au Vélodrome depuis des années retrouvera instantanément le geste au premier « Hissez haut ». C'est inscrit dans le corps, pas seulement dans l'esprit.
Voir trois générations d'une même famille agiter leurs drapeaux ensemble, du grand-père au petit-fils, est l'une des images les plus touchantes du Vélodrome. Le chant devient alors vecteur de continuité familiale et identitaire.
Hissez haut les drapeaux chez vous
Revivez l'émotion du Vélodrome avec les magnets musicaux SoundKop. Les chants mythiques de l'OM à portée de main.
FAQ – Hissez haut les drapeaux OM
D'où vient la mélodie de « Hissez haut les drapeaux » ?
La mélodie provient de « Santiano » d'Hugues Aufray (1961), adaptation française du chant de marins anglais « Santy Anno » du XIXe siècle. Le Commando Ultra '84 a adapté cette chanson dans les années 1990 en remplaçant « Hissez haut Santiano » par « Hissez haut les drapeaux », créant ainsi un chant marseillais unique.
Pourquoi ce chant est-il accompagné de drapeaux ?
L'appel « Hissez haut les drapeaux » crée naturellement une dimension visuelle : les supporters agitent leurs drapeaux bleu et blanc en rythme. Cette chorégraphie spontanée transforme le Vélodrome en mer ondulante de couleurs, créant un spectacle visuel aussi impressionnant que sonore. Le chant n'existe pas sans le geste.
Quand le chant a-t-il été chanté pour la première fois ?
Selon la légende, le chant est né en 1993 dans un bus de supporters se rendant à Nantes et a résonné pour la première fois à la Beaujoire. Mais c'est surtout lors de la finale de Ligue des Champions à Munich le 26 mai 1993 qu'il a pris toute son ampleur, avec des centaines de drapeaux agités par les supporters marseillais.
Que signifie « le virage reprendra en chœur » ?
Cette phrase décrit la structure antiphonique du chant : le virage Sud lance le chant, le virage Nord le reprend, puis tout le stade s'unit. C'est un dialogue musical entre les tribunes qui aboutit à une communion collective de 67 000 voix chantant ensemble « tous unis sous les mêmes couleurs ».
0 commentaire